05 juin 2009

Grand prix des lectrices du ELLE

La semaine dernière, j'ai assisté au 40e Grand prix des lectrices du Elle aux Salons France-Amérique (Paris-8e)

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J'étais très heureuse d'y assister car l'écrivain qui a remporté le grand prix n'est autre que Claudie Gallay avec Les déferlantes. Son nom vous dit certainement quelque chose puisqu'elle est dans les meilleures ventes de romans depuis plusieurs mois. En ce qui me concerne, je l'avais découverte il y a quelques années avec Seule Venise. Il était question d'une narratrice blessée, qui se refugiait dans une Venise hivernale et brumeuse, et qui rencontrait toute une galerie de personnages étonnants et attachants.
Par la suite, j'ai aussi adoré Dans l'or du temps, l'histoire d'une amitié qui se tisse entre un narrateur vaguement déboussolé et une vieille dame acariâtre.
Pour ceux qui n'ont pas lu Les Déferlantes, on retrouve une fois encore ce personnage de femme blessée. L es canaux embrumés de Venise ont laissé la place aux chemins escarpés de La Hague. Employée par le Centre Ornithologique de Caen pour observer les oiseaux migrateurs, celle dont le prénom ne sera jamais révélé, erre de longues heures à travers les landes normandes pour surmonter la perte insupportable de celui qu’elle aimait. Par un jour de tempête, sa solitude va rencontrer celle de Lambert, tout aussi meurtri qu’elleImage_1, revenu sur les lieux du naufrage de ses parents. Ce drame, vieux de plusieurs décennies, semble encore très présent et va bientôt réveiller les secrets et les haines enfouis.

Il faut prendre le temps de suivre la narratrice, au gré de ses rencontres et de ses longues déambulations avant d’être happé par le style elliptique. Les scènes courtes se succèdent et se nouent pour faire resurgir le passé. La tempête inaugurale du roman semble présager celle qui va se déchaîner sur les personnages. L’écriture ressemble au paysage : abrupte et dépouillée. Une volonté manifeste de l’écrivain d’éviter toute recherche stylistique au profit d’une vérité qui nous entraîne dans un univers romanesque sans fioriture.
Comme toujours chez Claudie Gallay, les existences prennent sens en se frottant les unes aux autres. Avec patience, elle ébauche des personnages pleins de sincérité et de profondeur, marqués par l’histoire, recelant de secrets trop longtemps tus, qui en se dénouant, se révèlent comme les clés des destins croisés.

J'ai été aussi très touchée de rencontrer Claudie Gallay en personne. Cette enseignante est très loin du petit microcosme parisien et a fait preuve d'une modestie très touchante. Elle s'émerveillait sans cesse de ces lectrices venues des 4 coins de la France qui ont toutes voté pour elle...

Rosa Rose

Posté par Philo et Rosa à 15:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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