18 mai 2009

Elle a changé de métier

Interview express by PhilomèneIMG_4762

Véronique, 45 ans, thérapeute.
Elle travaillait dans la communication, elle a suivi une formation pour devenir thérapeute.
Elle a choisi la Gestalt thérapie, elle nous raconte pourquoi.

Pourquoi as-tu décidé de changer de métier ? Qu’est-ce qui ne te convenait plus dans ton ancien métier ?
L’idée de changer de métier, m’est venue autour de 35 ans. J’avais 2 enfants et toujours en tête la préoccupation de savoir s’ils étaient vraiment bien chez leur nourrice. L’idée de passer à côté de l’essentiel me traversait souvent l’esprit. Côté boulot, ça marchait si bien qu'on me demandait de travailler de plus en plus. J’étais peu disponible pour les personnes qui m’étaient les plus chères et physiquement fatiguée. Dans l’organisation des vacances, la priorité était l’existence d’un mini-club pour s’occuper des enfants... et pouvoir se reposer ! J’avais la sensation de ne pas être « à la bonne place ». Après plusieurs retraites dans des lieux retirés du monde, j’ai décidé d’entreprendre une psychothérapie. Il est vite apparu que faire carrière n’était pas ce à quoi j’aspirais. Cette psychothérapie a été beaucoup plus longue que je ne l’avais imaginé et m’a emmenée beaucoup plus loin. Jusqu’à avoir envie de faire moi-même ce métier. J’ai eu deux autres enfants, puis j’ai décidé de faire une formation de cinq années à L’Institut Français de Gestalt-Thérapie. Les études m’ont passionnée mais je crois qu’à ce niveau là, il faut que cela soit un projet familial…car mon conjoint a dû souvent prendre le relais auprès des enfants.

Est-ce difficile de se lancer dans une nouvelle profession ?
Oui, car c’est une remise en question de ses compétences, de sa capacité à s’adapter à un contexte différent. La question de la reconnaissance sociale se pose aussi (le projet de loi concernant la réglementation du statut de psychothérapeute est tout à fait inacceptable). Puis, même si on se pense peu matérialiste, ce n’est pas très facile d’accepter de baisser de niveau de vie.

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Irvin D.Yalom,
un auteur américain apprécié par Véronique


Qu’est-ce qui te plait dans le métier que tu exerces aujourd’hui ?

J’apprécie beaucoup la flexibilité de mon emploi du temps bien sûr, mais le sentiment de me sentir utile et d’être plus proche de « l’essentiel » l’emporte largement.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’habiter Bordeaux quand on doit redémarrer à zéro professionnellement ?
J’ai démarré cette nouvelle vie professionnelle dans une ville que je ne connaissais pas, puisque je venais d’arriver. Au début, je pense que ça n’a pas aidé car dans ce métier, le « réseau » compte beaucoup. Puis finalement le bouche à oreille entre les patients a fonctionné…

Quel conseil donnerais-tu à une femme qui veut se lancer dans une nouvelle voie professionnelle ?
Je lui conseillerais de s’assurer véritablement du « profondément senti » de sa démarche. Etre sûre d’être dans la bonne voie est fondamental pour affronter les difficultés qui ne manquent pas de se présenter (je pense que c’est le cas quelque soit le domaine choisi). Je lui dirais aussi de ne pas sous-estimer les conséquences liées à la perte de l’autonomie financière, même si l’on sait qu’elle est transitoire et momentanée, pour autant ce n’est pas très facile…

Pour en savoir plus…
La Gestalt thérapie, c’est quoi ?
Véronique : dur-dur de résumer en quelques mots une théorie sans la trahir ! Disons que c'est une thérapie qui considère l'être humain dans toutes ses dimensions : on parle toujours d'approche globale, en partant de l’idée que cela ne sert souvent pas à grand chose de "savoir avec sa tête" quand le corps, le ressenti, n'est pas mis en lien. Il y a aussi l'importance accordée au moment présent : "tout est là" le plus souvent, il faut "déplier", c'est à dire dénouer ce qui se passe à l'instant et cela peut nous emmener bien loin... C'est une thérapie qui accorde de la place au corps, au contact direct, à la valorisation des sentiments, à la notion de responsabilité du patient.
Bien que contemporaine de la psychanalyse, en France, la gestalt-thérapie est beaucoup moins connue. Pourtant, un de ses pères fondateurs Frederick Perls (psychiatre allemand contemporain de Freud) était psychanalyste. Il y a des divergences sur la pratique, car le « gestalt-thérapeute » est beaucoup plus engagé dans la relation avec son patient. Sur le fond, elle reste néanmoins beaucoup plus proche de la psychanalyse que des thérapies comportementalistes.
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Dans cet opuscule, Jean-Marie Robine explique
de façon simple et claire la Gestalt-thérapie

Le Centre de Gestalt à Bordeaux :               
IFGT
87 cours d’Albret
33000 Bordeaux



Posté par Philo et Rosa à 17:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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